Vous pensiez que l’amour, c’était qu’une affaire de papillons et de hasards, un coup du sort ou, pire, un truc réservé à ceux qui ont « de la chance en amour » ? Oubliez tout ça ! Si votre couple tient debout, ce n’est pas un miracle ni un ticket gagnant à la loterie. Il s’agit plutôt d’une savante alchimie de différences, de complémentarités, et de—roulements de tambour—quatre piliers essentiels. Prêt à jeter un œil sous le plateau pour voir ce qui fait vraiment tenir la passion ?
L’amour : une aventure faite de différences et de complémentarités
Les questions autour de l’amour reviennent sans cesse : qu’est-ce que l’amour, finalement ? Quels rôles y jouent les partenaires ? Comment faire durer son couple sans finir dans l’arène quotidienne de la dispute ? La première chose à retenir, c’est que pour former un vrai couple, il faut un amour durable. Un amour qui attache, qui relie, un fil invisible entre deux êtres.
Mais cet amour n’est pas qu’un simple face-à-face romantique sans nuages. Non, il se nourrit de différences. Pour qu’un couple fonctionne, il faut justement que ces deux êtres soient différents et complémentaires : ils incarnent, ou jouent, des rôles masculins et féminins. Peu importe le genre ou le sexe biologique, ce qui compte, c’est cette dynamique de rôles. L’homme et la femme, ou disons les deux pôles d’un couple, peuvent être si différents qu’ils en deviennent parfois étrangers, voire hostiles. Et pourtant, l’un sans l’autre, il manquerait quelque chose. Paradoxe délicieux et parfois pénible du couple !
Le tabouret à quatre pieds : la stabilité façon Nasio
Pour comprendre ce mystère, Juan David Nasio propose une allégorie pleine d’humour et de sagesse : « L’allégorie du Tabouret ». Imaginez votre couple comme un tabouret à quatre pieds. Pour qu’il soit stable, qu’on s’asseye dessus sans risquer la chute (avouez, c’est tentant l’image), il lui faut quatre appuis :
- La sexualité (le pied central, soyons honnêtes, il a la vedette) : C’est le premier pilier, celui qui relie physiquement, qui construit l’intimité. Sans ce pied-là, le tabouret finit (souvent) par chanceler.
- L’admiration réciproque : Deuxième pilier essentiel. S’admirer, se respecter, reconnaître la valeur de l’autre et s’offrir en retour cette même reconnaissance. Un couple sans admiration, c’est un tabouret bancal où l’on ne souhaite pas s’asseoir très longtemps.
- Les rituels : Troisième pied, celui qui rassure. Les petits gestes, les habitudes, ces rituels qui jalonnent le quotidien et tissent cette intimité si précieuse. Pas besoin d’aller danser nus à la pleine lune : un café partagé, un regard complice, ça compte aussi !
- La mobilité des rôles : Quatrième pied, le plus méconnu : la capacité à alterner, à bouger dans l’équilibre du couple, à accepter que parfois les rôles se renversent ou s’entrelacent. C’est ce jeu subtil, ce pas de deux qui empêche les relations figées et l’ennui.
Ces quatre piliers sont le socle sur lequel repose l’amour durable. Quand l’un vacille, tout le reste tangue.
Être ensemble sans se dissoudre : concessions et solitude
Mais il ne suffit pas d’avoir de bons pieds pour faire un bon tabouret… euh, couple. Si l’union tient, c’est aussi grâce à deux autres forces : la capacité à effectuer des concessions et celle à respecter la solitude de l’autre. Personne n’aime être mangé tout cru ou étouffé par son partenaire (sauf peut-être les amateurs d’oreillers moelleux, mais ce n’est pas le sujet).
Chaque membre du couple, pour durer, doit pouvoir faire des pas vers l’autre, céder un peu de son terrain, accepter de ne pas toujours avoir raison ni le dernier mot au Scrabble. Mais il doit aussi laisser son partenaire respirer : la nécessité de la solitude, c’est la possibilité de préserver son espace intérieur sans que l’autre ne se sente rejeté. Toute la subtilité est là.
Aimer, c’est grandir… et parfois grincer des dents
Une chose est sûre : celui ou celle qu’on aime tire de nous le meilleur de nous-même. Il ou elle révèle des facettes insoupçonnées, pousse à s’améliorer, à rêver, à oser. Mais—car il y a toujours un mais dans la vraie vie—cet autre tant aimé est aussi celui qui nous limite. Par sa simple altérité, il nous confronte à nos propres limites, freine nos désirs, provoque même parfois de la souffrance. Après tout, aimer, c’est accepter de ne pas se suffire à soi-même : l’autre, dans sa différence, nous met face à ce que nous ne sommes pas.
Alors, la prochaine fois que votre couple tangue un peu, vérifiez les pieds du tabouret… Il y en a forcément un qui a besoin d’un petit coup de tournevis, mais la bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour remettre de l’équilibre et de la tendresse dans le quotidien.












