Ni croiser ni regarder ailleurs : le vrai secret de ce geste lors du toast dévoilé
Impossible d’échapper au rituel du trinque quand on partage un verre entre amis, dans la chaleur d’une fête ou même au détour d’un simple apéritif improvisé. Mais derrière ces gestes, qui paraissent parfois un brin codifiés, se cachent des histoires fascinantes… et, entre nous, quelques superstitions un peu barrées ! Vous pensiez juste lever le coude ? Voici tout ce que vous ignoriez (peut-être) sur le toast, le vrai, pas seulement celui au beurre salé.
Trinquer : origine d’un mot… et d’un geste
Jetons la première cacahuète de l’apéro : d’où sort ce fameux mot ? « Trinquer » vient tout bonnement de l’allemand « trinken », qui signifie « boire ». Un clin d’œil linguistique qui s’est aujourd’hui incarné dans le fait d’entrechoquer les verres pour se souhaiter bonne santé ou honorer quelqu’un.
Mais la vraie question qui fait vibrer les bistrots : pourquoi se cogner les verres avec insistance, et surtout, pourquoi se regarder droit dans les yeux ? Au Moyen Âge – époque où le crime par empoisonnement carburait à plein régime – on se méfiait comme de la peste de ses compagnons de beuverie. L’astuce ? Cogner les verres assez fort pour que, si l’un avait été un peu trop généreusement assaisonné au poison, le liquide se mêle entre les pintes. Ça vous calme un empoisonneur potentiel plus vite qu’un lendemain de fête. Et le regard franc dans les yeux, c’était pour vérifier qu’aucune entourloupe ne sévissait dans le verre opposé. Cette tradition hautement old school nous est restée, et continue de briller lors de nos apéritifs contemporains, notamment en France.
Ce qu’il faut (vraiment) faire et ne surtout pas faire en trinquant
- Trinquer avec de l’eau ? Attention, superstition espagnole oblige, c’est la garantie de sept ans sans sexe… ou, pour les plus chanceux, sept ans de mauvais sexe. Voilà qui donne envie de tremper autre chose que de la Volvic dans la coupe !
- Ne jamais croiser les verres ! Encore une règle héritée du Moyen Âge, où le seul fait de former une croix en trinquant était censé attirer la poisse, voire carrément les mauvais esprits. En République Tchèque, on considère même que croiser en trinquant revient à prendre le risque de sept ans d’abstinence ou de mauvais sexe. Difficile d’y voir un hasard…
En résumé, quand on trinque :
- Pas d’eau dans le verre (à moins de relever de sacrés défis !)
- On regarde son vis-à-vis dans le blanc des yeux
- On évite scrupuleusement de croiser les verres
Mais… pourquoi dit-on « Santé », « porter un toast » (et que signifie sabrer ou sabler le Champagne) ?
Pourquoi l’insistance sur la « santé » à chaque toast ? Tout simplement parce qu’au Moyen Âge, l’alcool passait pour un élixir bénéfique. Non seulement on pensait qu’il permettait de vomir et donc de purifier son corps par l’intérieur (charmant !), mais un sommeil lourd et réparateur suivait, gage de productivité pour ouvriers ou soldats. Trinquer à la santé, c’était donc littéralement souhaiter le meilleur… à sa compagnie et à son foie.
Quant à l’expression « porter un toast », il faut aller chercher la racine du mot du côté du pain grillé. Au Moyen Âge en France, quand il s’agissait d’honorer quelqu’un (généralement une dame), on trempait une tranche de pain grillé dans le vin avant de la désigner de l’ancien mot « toste » : on « tostait une dame ». D’où l’expression que l’on connaît encore aujourd’hui.
Petit bonus pour briller au prochain mariage :
- Sabrer le Champagne = ouvrir la bouteille d’un grand revers de sabre, façon mousquetaire survolté !
- Sabler le Champagne = boire un verre de vin (puis de Champagne) d’un trait, une tournure remontant au XVIIe siècle devenue synonyme de fête. Rien à voir donc avec le fait d’enfoncer la bouteille dans le sable !
Conclusion : à vos verres, mais dans les règles de l’art !
Derrière chaque toast se cachent mille petites légendes, de la peur de l’empoisonnement à la crainte d’une vie intime désertique. Trinquer, ce n’est donc pas qu’un geste convivial, c’est tout un folklore à lui seul ! Alors, la prochaine fois que vous lèverez le verre (surtout s’il est plein), n’oubliez pas de regarder dans les yeux, de respecter l’ordre du « pas de croisement », et… bannissez l’eau si vous êtes superstitieux. De quoi trinquer (presque) l’esprit tranquille !












