Alors que l’obésité sème la pagaille partout sur la planète – un tiers des Américains, ce n’est pas rien ! – les Japonais semblent jouer à “attrape-moi si tu peux” avec la balance. Comment font-ils, alors que leurs repas sont souvent accompagnés de riz, ce féculent qu’on nous dit parfois coupable de tous les désordres pondéraux ? Petit tour d’horizon, guidé par l’œil vif (et la fourchette affûtée) d’un expatrié américain ayant vécu au cœur d’une ferme japonaise.
Un bol de riz… mais pas XXL !
Premier constat : oui, le riz est partout. Du matin au soir, trois fois par jour. Pourtant, pas question de s’en servir des montagnes ! « Un bol de riz japonais est petit, il contient environ 140 grammes, soit à peu près 200 calories », explique notre observateur américain. Même les célèbres onigiri, ces boulettes de riz pratiques qu’on avale sur le pouce, restent raisonnables : pas plus de 175 calories chacune.
- Quantités modérées à chaque repas
- En-cas sobres en calories
Cette gestion des portions permet de profiter des bienfaits du riz sans tomber dans la surconsommation – la devise locale pourrait être « la modération avant tout » !
Soupes et bouillons : les alliés du quotidien
Au Japon, l’entrée ne rime pas avec chips ou cacahuètes, mais avec soupe miso ou bouillon clair. « La plupart des jours, pour deux repas sur trois, nous avions une soupe miso ou un bouillon clair », raconte l’expatrié. Ce n’est pas une question de tradition… mais bien d’efficacité ! Selon une étude, démarrer le repas par une soupe permet de réduire l’apport calorique total de 20%.
- Soupes systématiques en début de repas
- Apport calorique globalement réduit
Prendre le temps de savourer une soupe, c’est donc un petit geste malin pour éviter de finir le repas l’estomac trop tendu ou le bouton du pantalon affolé.
Plaisirs contrôlés et mode de vie actif : la discrète discipline japonaise
Autre coup de maître : l’absence quasi totale de grignotage. « Pendant mon séjour, je n’ai jamais vu personne grignoter entre les repas. Il n’y avait presque pas de malbouffe. C’était tabou de manger en marchant ou en public », rapporte l’expatrié. Quand, aux États-Unis, 20% du budget alimentaire part dans la malbouffe (et entre 7 et 9% juste pour les sodas !), au Japon, cette tentation est quasiment absente.
Côté dépense énergétique, là aussi, la différence saute aux yeux. La marche et le vélo sont le quotidien. « Nous marchions beaucoup plus que de nombreux Américains. C’est un élément énorme », confie l’américain. Même la façon de s’asseoir – sur un tatami plutôt que sur un canapé moelleux – fait travailler les muscles ! Résultat : plus de mouvements, donc plus de calories dépensées, et une stabilité du poids qui fait pâlir d’envie.
- Aucune place pour le grignotage ni la malbouffe
- Marche et vélo au cœur du mode de vie
- Habitudes physiques intégrées dès le quotidien
C’est sans oublier l’éducation reçue dès l’enfance : gratitude et respect pour la nourriture. « On ne laisse jamais un grain de riz dans le bol, on ne gâche pas la moindre miette », précise l’expatrié. Redemander si c’est pour ne pas terminer, c’est presque l’affront suprême ! Cette attitude respectueuse envers les aliments et les portions encourage, là encore, la maîtrise de soi et la gestion du poids.
Pourquoi le riz n’est pas le coupable (et la leçon à retenir) ?
Malgré l’occidentalisation progressive de leur alimentation, les Japonais restent les champions des pays développés en matière de minceur : seulement 3,6% d’obèses chez eux (IMC > 30), contre… 32% des Américains. Le riz, souvent pointé du doigt ailleurs, n’est en rien responsable de l’obésité lorsqu’il s’intègre dans :
- un cadre de portions maîtrisées
- une activité physique régulière
- une alimentation équilibrée, sans excès ni malbouffe
- l’absence quasi totale de grignotage
En résumé : chez les Japonais, la discipline alimentaire, l’activité physique quotidienne et le respect de la nourriture font office de coupe-faim naturels. Et si la recette du bonheur sur la balance, c’était finalement de repenser, un grain de riz après l’autre, notre rapport à la table… et à la rue ?












