Découverte d’un remède anti-gueule de bois millénaire : ce secret de l’Antiquité intrigue encore aujourd’hui

Depuis que l’humain sait lever le coude, il cherche aussi à apaiser le lendemain difficile. La chasse au remède miracle contre la gueule de bois n’est pas nouvelle : bien avant les jus de cornichon ou les recettes de grand-mère, l’Antiquité y allait déjà de son petit secret… et il continue d’intriguer !

L’ivresse, une histoire vieille comme le monde

Depuis la plus haute antiquité, l’Homo sapiens s’essaie, parfois avec enthousiasme, aux boissons fermentées. La toute première mention écrite d’une boisson alcoolisée, la bière, remonte à quelque 4 000 ans avant J.C., sous les palmiers de Mésopotamie. Mais n’y voyez pas là un acte révolutionnaire : nos aïeux n’avaient pas attendu d’inventer l’écriture pour faire mumuse avec les liquides fermentés. Un fruit qui traîne, une grappe grappillée, et bim, voilà le hasard leur proposant la première des cuites impromptues…

Mais qui dit découverte de la fête, dit aussi découverte, hélas, de sa rançon : la gueule de bois. Dès le lendemain, les prises de têtes succèdent aux prises de coupes, et l’humain, jamais à court d’ingéniosité face à son mal-être, s’est mis à chercher des solutions. Parallèlement à l’art de fabriquer des boissons qui font tourner la tête, il développe l’art de s’en remettre plus vite.

Tour du monde (et des âges) des remèdes miracles

À travers les époques et les cultures, la chasse au remède anticuratif ne faiblit pas. L’histoire est jalonnée de recettes parfois redoutables, souvent insolites :

  • En Pologne, on mise sur le jus de cornichon.
  • Au Japon, les prunes salées font office de potion magique.
  • En Mongolie : on boit carrément des yeux de moutons !
  • En Allemagne, harengs marinés au petit-déj’, s’il vous plaît.

Mais nos ancêtres des temps anciens n’étaient pas en reste. En Mésopotamie, un certain « docteur » (5 000 ans avant notre ère, rien que ça) préconisait entre autres la réglisse, les haricots, le laurier rose, l’huile… et du vin (parce que quitte à soigner le mal par le mal ?). Chez les Égyptiens et les Grecs, le chou était élevé au rang de panacée, tandis que certains Grecs tentaient carrément les canaris frits au petit matin pour réparer les excès de la veille. Une technique discutable, mais l’imagination n’a clairement jamais eu de limite !

L’énigmatique bague d’améthyste : le bouclier antique ?

L’Antiquité n’a pas été épargnée par la gueule de bois, loin de là. Une récente découverte archéologique en Israël a jeté un pavé dans la carafe : des archéologues de l’Israel Antiquities Authority ont mis au jour, dans un vaste domaine viticole situé à Yavnè (producteur du fameux « vin de Gaza » ou « vin d’Ashkelon » à la fin de l’époque byzantine), une minuscule bague en or incrustée… d’améthyste.

Pourquoi tant d’émoi autour d’un bijou ? Parce qu’il n’est, semble-t-il, pas là pour décorer un doigt coquet, mais bien pour jouer les boucliers contre la mauvaise mine post-éthanol – du moins selon les croyances de l’époque. Si le site dévoilé remonte à la fin du VIIe siècle, cette bague pourrait être plus ancienne encore : les Romains notables en portaient déjà 400 ans plus tôt et, précisons-le, pas seulement pour frimer en société. Car l’améthyste trimballait dans son sillage de nombreuses vertus, dont celle de protéger contre les effets fâcheux de l’alcool. La pierre n’a pas volé son nom : venu du grec ancien « améthustos » (« ivre », auquel on a ajouté le préfixe « a- » pour la négation), il trahit bien son ambition d’écarter toute forme d’ébriété et ses lendemains qui sifflent.

L’améthyste, avec sa couleur de vin dilué, était donc l’accessoire tendance pour éviter l’ébriété, entre low tech et croyances aussi robustes qu’une piquette de taverne.

Laurier, chou, et autres talismans inattendus

Ce n’est pas tout : les ancêtres multipliaient les tentatives pour éviter la migraine matinale. Une découverte en 2015, fruit de la traduction d’un papyrus grec vieux de 1 900 ans, préconisait par exemple le port d’un collier de feuilles de laurier. Si aujourd’hui il relève du détail aromatique dans nos plats, à l’époque il était censé protéger des débordements alcoolisés. Pour compléter ce florilège, Dave Hall (pour le Guardian) dresse une liste digne d’une encyclopédie :

  • Réglisse, haricots, laurier rose, huile et vin en Mésopotamie
  • Chou en Égypte et en Grèce
  • Canari frit pour les Grecs téméraires

Aucun de ces remèdes n’a prouvé son efficacité scientifique, mais avouez que leur imagination mérite un bon point !

En conclusion : qu’on soit fan de bague en améthyste, de déco de laurier ou amateur de recettes douteuses, la quête du remède anti-gueule de bois traverse l’histoire humaine. À défaut de miracle, un bon verre d’eau et un peu de repos restent indétrônables—et infiniment plus faciles à trouver qu’un canari frit ou une bague venue de l’Antiquité !

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